30.11.05

Dreams are my reality

Aurélie, ma soeur de coeur, m'a fait part de son étonnement quant au fait que personne dans mon entourage n'ai tenté de me dissuader d'entreprendre ce parcours, et trouve presque "anormal" cette apparente facilité avec laquelle tout le monde accepte ma transsexualité.
Reflexion faite, si un proche m'avait révélé être transsexuel il y a quelques années, je n'aurais peut-être pas réagi aussi bien que mes amis l'ont fait avec moi, dans la logique de l'homophobe qui est en fait un homosexuel refoulé. La première fois que j'ai trouvé le livre "Un homme en elle" de Paul Hewitt à la bibliothèque, je l'ai feuilleté avec un mélange de fascination et de répulsion. Je me souviens avoir pensé quelque chose comme "il est courageux mais tordu, et tu l'es toi aussi si tu envisage sérieusement la même chose ne serait-ce qu'une seule seconde", et de l'avoir remis à sa place. Quelques mois plus tard, c'est-à-dire septembre dernier, je suis allé le chercher et l'ai dévoré dans la nuit.
Pour revenir aux réactions que j'ai rencontré, je crois que personne n'aurait pu soutenir une position clairement hostile, mais ceux qui m'ont accueilli à bras ouverts et sans mot dire ne forment pas la majorité, loin de là. Les tentatives de dissuasion furent plus subtiles: on m'a souvent demandé d'y réfléchir d'avantage, on m'a exposé tout les inconvénients de la chose, les risques que je prenais, pensant que dans une éventuelle euphorie je n'avais pas tout pris en compte. J'ai considéré les arguments de chacun, certains étaient justifiés, d'autres maladroits, aucun ne m'a convaincu d'abandonner.
Peut-on abandonner l'espoir de concrétiser la seule chance d'être soi-même, la seule possibilité de se rapprocher de son rêve?

3 commentaires:

esteban a dit…

bon courage carot !
c'est clair , on ne nous prend pas au sérieux à dix huit, bien que pas tout le monde mais pourtant on l'est, et tes parents doivent comprendre que tu auras la même envie dans quelques années si elle est certaine et bien ancrée, on devient ce que l'on est, c'est vrai. quoi qu'il en soit, perso mes parents l'ont bien pris (je leur ai dit a 17 ans), enfin ma mère au début bien , mon père mal mais avec le temps, les mentalités changeantes, l'amour, bien il a fini par mieux comprendre et depuis il est avec moi dans chaque démarche, le reste de ma famille suit aussi.. idem pour la fac , le taf etc, faut croire en soi, tjrs, le tout c'est d'etre honnete avec soi meme, t'oublie pas et t'efface pas pour les autres, simplement ,
c'est ta vie qui compte à ce niveau , et s'il faille passer par une mammec, et autres injections de testo pour y arriver à cette vie qu'on veut, bien les autres doivent l'accepter à défaut de tout comprendre... c'est pas une idée qui surgit du jour au lendemain, on ne décide jamais (meme si chaque trans est différent) de changer comme ça pour voir, c'est en nous, comme une certitude , que de l'autre coté, ça se passera mieux
y'a pas de honte à être né dans le mauvais corps, je me dis que j'ai appris mille fois plus au final, et que ma biographie particulière aura au moins le mérite d'étre honnête avec moi même, je suis un xx boy et je l'assume. je suis fier d'en être arrivé là, de marcher le dos moins courbé qu'avant, je me sens mieux, tellement mieux torse nu que lorsque j'étais enfermé dans ces vetements paravents....
tiens bon !
hasta

esteban
qui va muscler ses petits pectoraux de coq

Anonyme a dit…

C'est peut-être justement pour ça que personne ne s'y est vraiment opposé...

Carot a dit…

Esteban, merci pour ton com et pour ton blog: j'avais décidé de lacher la clope lorsque je commencerais la testo, et là c'est clair je vais m'y tenir!

anonymous: on se connait?