12.5.06

Yanni Kin

Je voudrais partager ces extraits de l'autobiographie de Yanni Kin "Regarde moi, Maman"; parmis toutes les biographies de trans que j'ai lu, c'est celle où je me suis le plus identifié. Dans les extraits qui suivent, c'est Sylvie qui parle de cet homme, Sylvain, qu'elle dissimule au fond d'elle.


J'ai pleuré tout le long du chemin. J'ai pleuré une fois chez moi. J'ai pleuré durant les jours qui suivirent en revivant ce qui s'était passé. Sylvain ne disait mot. Sylvain pensait. Dire est bien, penser est mieux. Il faut avoir beaucoup pensé pour savoir dire. Et si agir est bien, patienter est mieux. Il faut savoir patienter pour pouvoir sagement agir. Sylvain est le penseur, le rêveur, mais il n'est pas patient. Il est celui qui analyse et qui sort des réflexions, puis qui sourit en les prononçant car il se sait trop impétueux pour les appliquer. Il persiste quand j'abandonne. Il frappe quand je m'esquive. Il se redresse quand je courbe. J'aime cet homme même si lui voudrait bien me voir disparaître. À cette époque, je ne le réalisais pas encore tout à fait, mais je ne pouvais vivre sans lui alors que lui pouvait très bien vivre sans moi.


Il m'apparaissait que sa capacité de vivre dans l'anonymat avait atteint sa limite. Depuis quelque temps, j'avais très bien perçu sa bravade. Certains jours, il me faisait peur. Il avait ce regard vitreux de quelqu'un qui ne se possède pas totalement, comme un malade en phase terminale qui n'a plus rien à perdre et qui vit ses dernières heures en dépit de toute conformité.


Je m'approprie ce message extrait du même livre:

Il conservera un peu de moi comme j'avais un peu de lui. Continuez à l'aimer comme vous l'avez toujours aimé sans vous en rendre compte; comme il s'est toujours fait aimer de vous à votre insu. Si vous prêtez bien attention, vous constaterez que c'était son énergie, son impétuosité qui vous galvanisait et son côté juvénile, ce comportement puéril chez lui qui vous mettait sous le charme.

1 commentaire:

Yanni Kin a dit…

Bonjour Éric,

Je t'ai écrit et j'ai envoyé le tout à cette adresse qui apparaît sur ton blogue. J'espère que cet envoi te parviendra.

Fraternellement,
Yanni