25.7.07

Panne sèche

"J'aimerai pouvoir parler de moi, mais je n'y arrive plus."
(J'ai emprunté cette phrase dans un blog, elle se reconnaitra si un jour elle passe par içi: merci.)

Plus de deux mois que je n'ai rien écrit... Je n'ai pas été totalement overbooké tout ce temps, je ne suis pas tombé en dépression, je n'ai pas arrêté ma transition... Enfin j'ignore tout ce que l'on peut s'imaginer lorsque quelqu'un s'absente de son blog, mais il ne m'est rien arrivé. La simple vérité c'est que je ne sais plus trop que dire. Je ne sais plus comment me raconter, par quel bout commencer... Il y a l'essentiel, comme une grande conversation avec mon père sur ma transition, alors que cela a été un sujet tabou durant un an et demi; le "pour info", les premiers poils au menton; le futile, les dizaines d'anecdotes, des faits ou des paroles ayant un lien avec ma transition, qui auraient pu trouver leur place içi.

Il y a ce CAP que j'ai réussi, ... où est-ce que j'ai "rangé" ce papier, bon sang? Mon premier papier officiel au nom d'Eric. J'ai vérifié, il n'existe aucun (autre) Eric C. en France: un fantôme est titulaire d'un CAP cuisine.
Il y a ces épreuves passées pour avoir cette examen, où présentant ma carte d'identité et muni d'une lettre de mon avocat, d'une autre de mon psy, j'ai dû expliquer et argumenter ma situation.
Il y a ces contrôles de police où je dois affirmer que Caroline, c'est bel et bien moi.
Il y a cette échographie pelvienne, que mon endocrinologue m'a demandé en juin, un souvenir humiliant, deux médecins qui discutent de mon cas devant moi, les jambes écartées.
Il y a mon ORL, que je n'avais pas vu depuis deux ou trois ans, qui me "remercie de ma fidélité", comme si en changeant de sexe, j'aurais dû changer mon carnet d'adresse.
Il y a ce copain, le dernier de la bande qui présente encore des difficultées à me considérer comme Eric, tout étonné de constater que dans une soirée ou nul me connait, tout le monde me prend réellement pour un mec.
Il y a Eric au restaurant, point final, et toute la brigade qui demande au plongeur de fermer sa gueule lorsqu'il revient sur le sujet en me posant des questions trop gênantes.
Il y a ces futurs entretiens d'embauche qui me donnent déjà des cauchemars.
Il y a cette opération qui n'en fini pas de s'éloigner, parce que je ne parviens pas à me résigner à la faire en France, et que si je veux partir aux Etats-Unis, il faut que je m'en donne les moyens.

Voilà, j'ai fait le tour de la question, ou presque, mais sans vraiment parler de moi. Ce que je ressens, mon état d'esprit... Impossible de poser des mots dessus.

4 commentaires:

Anonyme a dit…

Salut Éric,

C'est Martine du Québec, ca fait plaisir de te lire, :))) Peut etre que si tu t'absentes d'ici c'est que tout simplement tu en as moins besoin ou peut etre que tu as besoins de plus de réflexion avant de venir écrire sur ton blog. Je voulais juste te dire d'y aller comme tu le sens, seulement un petit coucou une fois de temps en temps de ta part nous fait bien plaisir quand tu le souhaites ! Je te souhaite une bonne continuation dans ta vie et que tu ais beaucoup de bonheur !

Bonne Journée Martine !

P.S. Merci de ton passage ! :)

Guillaume a dit…

la belgique ca te tente pas pour la mammec ?
je suis dans le mm cas que toi ... la france c'est pas possible, usa trop cher ... donc la belgique m'a semblé la meilleure option ...

Najim a dit…

Ton blog est tres sympa à lire

Biz

Najim

Pipayon a dit…

Juste un mot pour te dire que ça fait plaisir d'avoir de tes nouvelles ;) *meme si tu me connais pas,j'suis ton blog ;)*

tu avances dans ta vie "sociale" on va dire, c'est dejà enorme! j'espère que le reste arrivera vite aussi..

kiss

Pipayon