30.8.06

ML dit : (20:53:38)
bon , en tout cas c ptète qu'une impression mais en ce moment tu m'a lair en pleine forme , et ça fait plaisir de tvoir aussi bien


© Eric dit : (20:54:07)
c pas qu'une impression :)


ML dit : (20:54:37)
:) donc je renouvelle , ça mfai plaisir de tvoir aussi bien


J'aime bien écrire des posts joyeux! Et puis comme, dans la vie de tous les jours, je peux être très râleur car j'adore me plaindre pour des broutilles, je me rattrape içi. C'est vrai quoi, il faut savoir s'exprimer aussi pour dire que tout va bien !
S'il n'y avait pas ces tshirts qui me compressent et ce qu'ils dissimulent, je dirais presque que je suis bien dans ma peau ! La testo fait son petit effet, en prenant son temps et c'est tant mieux, ça permet de patienter jusqu'à la prochaine étape... Le processus est engrangé, je ne vois pas ce qui pourrait l'arrêter maintenant. Bien dans mes baskets (aussi bien que possible dans ma condition), serein dans ma tête, amoureux comme jamais... Ca va, merci. Et vous?

J'ai vu mon endocrino vendredi dernier, on a augmenté les doses et je passe à 1/2 ampoule par injection, toujours toutes les deux semaines. Dans les faits, la dose a déjà sensiblement augmenté, vu que lors de la précédente, on m'a injecté entre 1/3 et 1/2 d'ampoule.
Je ne contaste pas vraiment de nouveaux effets, sauf que depuis quelques jours j'ai tout le temps la fringale, je mange le double voir le triple de mes portions habituelles sans pour autant être rassasié... Donc je prends du ventre, mais à côté j'ai perdu en taille de pantalon (aucune idée dans quelle proportion, j'ai juste constaté que j'étais à l'aise dans un pantalon qui me serrait avant).

Le but principal de ce post était de noter ma joie du jour: je suis aller chercher un certificat de scolarité à mon école, et je n'ai même pas eu besoin de demander ou de préciser le prénom; dans l'ordinateur, à côté de mon nom de famille était déjà inscrit "Eric". Le début de la reconnaissance...
Et, par voie de conséquence, ma carte Imagin'R (pour les transports en communs) sera au nom d'Eric C., et me faire contrôler dans le métro ne se transformera plus en joute de regards avec le contrôleur (c'est à celui qui sera le plus persuasif: "c'est pas vous" "si c'est moi" "non c'est pas vous" "puisque je vous dis que c'est moi" ...) !

LC

Leaticia Casta en homme. Une affiche publicitaire dans le métro qui m'avait fasciné, il y a 2 ans...

24.8.06

La mue de ma voix a plus d'effets que je ne l'aurais imaginé. Mon ancienne voix m'agaçait, surtout lorsque je l'entendais enregistrée, mais je ne pensais pas qu'elle constituait un bloquage pour que les autres appréhende ma masculinité.
Loulou m'a dit que cette mue a révélée chez moi des attitudes et des caractéristiques masculines qui passaient inaperçues avant, ce que je veux bien croire car il ne s'est pas trompé une seule fois dans les pronoms et accords à mon sujet de la soirée ! J'en ai parlé à Alex par la suite, qui a confirmé, bien que cette part masculine qui se révèle soit indéfinissable...
VDB a demandé sur le forum de Lazz:
bon voulà quand je lis vos messages sur le net j'ai l'impression que vous êtes tous sûrs de vous, de vos "choix", et que vous êtes super confiants quand à votre avenir... alors que moi l'avenir j'ai beaucoup de mal à le concevoir, beaucoup de mal à savoir ce que je veux, opération ? testo ?...

Je voulais savoir donc si vous aussi ca vous a fait ca et si vous avez aussi mis un long moment à savoir ce qu'il fallait faire...


Ce à quoi j'ai répondu:
« Répondre #6 le: Sam 12 Août 2006, 00:20:54 »


Pour ma part, le chemin le plus long fut celui qui mène à la compréhension et l'acceptation de moi-même. Mais cette étape franchie, c'est vrai que j'ai su très vite ce que je voulais faire: le nécessaire pour transformer mon corps et accéder au changement d'identité.
Au cours d'une de mes toutes premières recherches internet sur les trans ftms, je suis tombé sur une série de photos d'un mec, visiblement culturiste, qui posait nu, mettant en valeur sa musculature (c'est un détail mais si je me souviens bien il tenait une épée). C'est l'une des premières photos de ftms que j'ai vu, et je fus impressioné par la virilité que dégageait ce gars. Lui, il aurait eu un corps de femme?? J'ai fermé la fenêtre. Lorsque j'ai vu cette photo une seconde fois, j'ai remarqué qu'il n'avait pas fait de phaloplastie (je ne connaissais même pas encore ce terme à l'époque, j'ai juste fait: "merde j'avais pas vu il a pas de bite") et je me suis surpris à considérer cela comme un détail... C'est là que j'ai compris que la finalité de la transition n'est pas la phaloplastie. Et c'est également là que j'ai su précisément ce que je voulais: une apparence et un corps si masculin que l'on en oublie l'absence de verge. Bon, un corps masculin c'est pas forcément un éphebe grec musclé et huilé, ca peut être aussi une bouée kro et une pilosité d'ours... ^^ C'est comme la photo de James, il a beau être enceint, on ne peut nier qu'il est un mec.
Voilà, j'ai très vite fixé le programme dans les grandes lignes. Après, j'ai pas toujours été super confiant, j'ai traversé des phases de doutes concernant ce que j'allais faire très précisément, et quand, et comment. D'éphémères moments de découragement aussi. Puis je me suis dit: c'est désespérant de considérer l'ensemble du parcours, c'est long, difficile... Faut y aller étape par étape, lorsqu'on en passe une on peut réflechir sérieusement à la suivante, mais inutile de se prendre la tête avant. Et qui vivra verra !
: Sam 12 Août 2006, 00:14:20
Perso, c'est depuis que je sais que je suis trans que j'arrive à m'imaginer un avenir (en tant que trans, certes, mais un avenir quand même) et même à concevoir que j'ai un avenir.

... Idem (petit choc parceque je viens de réaliser que je ne me projetais jamais réellement, de manière réaliste dans le futur avant d'entamer ma transition.)

21.8.06

"C'est pour un garçon ou pour une fille?"

"On fera ça entre mecs", c'est-à-dire, lui et mon frère. Réponse de mon père lorsque je lui dit que le foutoir de l'appart n'est pas le mien, puisque je viens à peine de rentrer de vacances, que la salle de bain est dégueulasse, et ce n'est pas à moi de ranger et nettoyer. C'est dit exprès pour m'emmerder, et je prends sur moi. Comme lorsqu'il me dit "ma fille".
4h plus tôt, ma mère au téléphone: T. est passé à l'improviste, a contasté l'état désatreux de l'appartement et le lui a rapporté. Ce qu'elle m'a dit, en substance: "Tu aideras bien les garçons pour le ménage, en mon absence c'est toi la maitresse de maison." Bah oui, quand Papa n'est pas là, mon frère est le chef de famille, même lorsqu'il n'avait que 6 ans, et moi je dois faire le ménage et la popote. Je lui rappelle, tout simplement "sauf que je suis un garçon"; je ne sais quel est l'étape (la barbe? les opés?) qui feront que ca deviendra évident pour elle. Le reste, c'est une éducation à refaire...

11.8.06

Citation du jour

"On est plus authentique lorsqu'on ressemble le plus à ce que l'on a rêvé d'être."

Agrado, dans le film d'Almodovar "Todo sobre mi madre".
De passage sur Paris, le temps de faire ma valise et je repars!
Je viens de passer 10 jours à la campagne, avec seul objectif: passer mon permis, mais j'ai lamentablement échoué à l'examen :( ... Demain je prends le train direction Agde, dans le sud. La suite du programme de mes vacances est très incertain. J'ignore complétement où je me trouverais le jour de ma prochaine injection, c'est-à-dire dans une semaine !

En septembre, on double la dose de testo :)! En attendant, le quart d'ampoule par injection n'est pas si dérisoire, il a sérieusement amorcé ma transition hormonale. À ajouter au précédent bilan, ma voix mue clairement; j'ai perdu mes aigus (ce fut un mini drame lorsque je me suis aperçu que je ne pouvais plus chanter les chansons qui montent trop haut), au téléphone on ne me reconnait pas, d'ailleurs je suis moi-même surpris lorsque je m'entends parfois ! J'ignore combien de temps dure un mue, quand est-ce que ma voix se stabilisera. Une chose est sûr, cet effet là me plait !
Sur le plan psychologique, je me trouve trop à fleur de peau, plus sensible que d'habitude. Des choses que, généralement, je laisse passer avec indifférence, ou en tout cas en la feignant, jugeant que ca ne vaux pas vraiment la peine de s'émouvoir/se prendre la tête, m'aparaissent comme primordiales/insoutenables/intolérables... pour un court moment. Mais je ne deviens en aucun cas agressif, ce n'est vraiment pas dans ma nature ! Juste que je suis ému/sentimental/agacé/énervé plus souvent. Bref, je suis peut-être simplement plus à l'écoute de mes émotions ! Par ailleurs, je ne sais si cette variation d'humeur peut s'attribuer directement au traitement hormonal, si c'est une conséquence de ma transition en général, ou si c'est juste périodique, à cause de la chaleur, du soleil etc.!

*****

J'ai vu mes neveux (V., 11 ans et C., 8 ans) quelques heures hier et en ai profité pour les mettre au courant de ma situation. À peine leur ai-je annoncé que j'avais quelque chose à leur dire:
"- C'est quoaaaaaa?
- Une histoire?
- Une histoire qui fait peur?
- Un truc vrai?" Oui, non, zut. Par où commencer??
Moi: "Déjà, est-ce vous avez déjà entendu parler de ces garçons qui deviennent des filles en faisant des opérations, en se faisant poser des seins ...?
V.: "Oui !"
Moi: "Ah bon?"
V.: "Oui, dans Incroyable mais vrai! [intérieurement et honteusement, je remercie Bruno Roblès et sa clique] C'était un garçon qui s'est fait poser des seins mais sa copine elle était pas d'accord."
Je me dirige sur la balançoire, C. prend le trapèze et V. les anneaux.
Moi: "Bon ben voilà, moi je fais le contraire, je deviens un garçon" s'en suit une très brève explication.
C.: "Et tu va t'appeler comment?"
Moi: "Eric"
C.: "Ah ouais j'adore ce prénom en plus!"
V.: "Moi j'ai pas de prénom préféré pour les garçons... Eh tu sais faire ça avec les anneaux?" Elle fait une pirouette. Fin de la conversation sur le sujet !

MP pour Lydie

Je n'ai pas reçu ton mail (ou alors je l'aurais supprimé en le prenant pour un spam mais je ne pense pas, ayant trié ma corbeille avant de vider). Bref, si tu pouvais me le renvoyer !

PS: pas sûr que je puisse consulter ma boite mail et te répondre avant la rentrée...

28.7.06

Ma bonne étoile






Ceci n'est pas le blog d'un trans comme les autres.
C'est l'histoire d'un être né sous une bonne étoile.
Une étoile ressemblant à un flocon de neige...







Finalement, la majorité de mes problèmes et des drames (à mon échelle) qui jalonnent mon existence sont similaires à ceux du commun des mortels (sous-entendu, les personnes bios) et les difficultées que me posent ma transition sont mineurs comparés à tout ce à quoi j'aurais pu être confronté: rejets, blâmes (à quelques exceptions près mais elles sont insignifiantes lorsque la majorité m'accorde l'indifférence ou mieux, le soutien), moqueries, impossibilité de vivre ma vie étudiante et professionnelle dans mon genre... Bien sûr, je rencontre souvent le scepticisme et l'incompréhension, mais ce serait mal venu de ma part de me plaindre !

J'aurais pu... avoir un visage plus féminin m'empêchant totalement de passer simplement en coupant mes cheveux et en compressant ma poitrine; ne pas avoir les capacités financières pour seulement amorcer ma transition; voir des amis me tourner le dos ou voir des gens se prétendant mes amis ne faire aucun effort pour s'adapter à ma nouvelle identité; avoir des parents me reniant ou refusant totalement ne serait-ce que de réflechir sur l'éventualité que je puisse...; me chercher longtemps encore et passer à côté d'une partie de ma vie; ne pas avoir la force morale d'entamer ce parcours; être de nature dépressive ou placer ma vie et mes espoirs dans cette transition et avoir le moral à zéro à chaque embûche; bloquer ma vie sociale parceque je ne ressemble ni vraiment à une fille ni tout à fait à un garçon et que je ne supporterais absolument pas le doute dans les yeux d'autrui; être né dans un autre milieu ou à une autre époque... Bref, j'aurais pu connaitre toutes ces difficultées qui sont souvent le lot quotidien de la plupart des trans, et aujourd'hui je suis heureux de la vie que j'ai et d'être simplement moi.

Sans aucun papier légal qui justifie sa réalité, Eric existe néanmoins pour mes amis, mon école et mon employeur. J'existe sans devoir endosser un rôle dans toute les sphères de ma vie, ou presque: bien que ma famille (globalement) ne me reconnait pas, je peux rester moi-même et n'ai pas à interpréter Caroline.

Allez, j'en rajoute une couche dans l'auto-satisfaction: rien n'est parfais, mais n'étant pas si exigeant, je me déclare aujourd'hui comblé par mon existence.
D'autant plus que j'ai l'Amour (vi, avec un grand A comme dans "Ah que je suis amoureux!") mais je m'arrête là parceque les gens qui dégoulinent de bonheur, au final ca exaspère !

Au fait, ma philosophie de la vie: je m'attends toujours au pire tout en espérant le meilleur. Jamais déçu, souvent rassuré, je vois quelquefois mes espérances réalisées.


En espérant que je tiendrais le même discours dans un mois, dans un an...

27.7.06

La guerre des poils

Je les ai oubliés dans mon checkup... Et pourtant la testo a bien relancé ma pilosité.
C'est la Guerre du Poil: Le Retour. Parcequ'il y a eu un chapitre 1: durant 3 ans approximativement et jusqu'en septembre dernier, j'ai attaqué mon système pileux avec cet engin de torture que l'on appelle l'épilatrice électrique. Les jambes, les aisselles et parfois même le maillot (et là je gagne le profond respect de la gente féminine lol)... Très vite, sur les jambes en tout cas, les poils ont abandonnés, se sont dispersés.
Cette année j'ai laissé la nature reprendre ses droits et, si au niveau des aisselles les poils ont vite reconquéri le terrain, très peu ont osé réaparaitre sur mes jambes... Jusqu'à ce que je commence le traitement hormonal. La testo a manifestement redonné du courage à l'armée de poils-jambes qui se sont multipliés et épaissis. Certains s'aventurent même sur mes cuisses !

Donc, résumons, 2 mois de traitement hormonal a fait réaparaitre une pilosité là où mon acharnement l'avait pratiquement éradiqué (jambes). Elle a fait naitre quelques poils là où il n'y avait que du duvet (poitrine). Affaire à suivre, mais je m'y intéresserais vraiment lorsque cela concernera mon visage...

PS: La reconquête de mon corps par les poils a commencé et je les laisserais faire avec la plus grande joie, mais je préviens: il y aura un épisode 3 si je me transforme en chimpanzé !!

20.7.06

2ème mois sous testo

4ème injection aujourd'hui. J'en suis à mon deuxième mois de traitement et rien à signaler, ou presque:
- mon clito a changé de forme, comme s'il était en érection permanente, sans pour autant devenir vraiment plus sensible.
- pour le moment, plus de règles, seulement quelques très légers saignements occasionnels.
- mon timbre de voix se serait un peu aggravé (?), en tout cas on m'en a fait la remarque.
Pas d'autres changement physique notable.
Et au niveau de l'humeur général, je ne me suis pas aperçu d'une quelconque modification.

1er check up donc, il faudra que je le fasse tous les mois par la suite pour bien tenir ce journal de ma transition !

13.7.06

Enfin ai-je trouvé un coiffeur pour me faire ça !!
C'était au Solidays... 3 jours, 3 sauts à l'elastique, des concerts, des rencontres, un match... Et beaucoup de Redbull pour profiter de tout cela !
Quand tout va bien mais.... C'est toujours la famille qui foire. Et quand rien ne va, elle en rajoute une couche. Le fuck du post précédent lui est dédié, d'une manière général.

Et en ce qui concerne le dernier paragraphe, je ne peux raconter ce qu'il s'est passé (enfin plutôt ce qui s'est dit). Juste dire que je continue ma transition, même si lui continue à se détruire à petit feu... Je voudrais bien l'aider mais comment? Autrement qu'en arrêtant ou reportant la reconstruction de ma vie en tout cas...

Merci Chris pour ton dernier mail.

7.7.06

Cléo


"Tu veux être un mec alors il faut savoir qu'une fille peut faire ce qu'elle veut de toi..."
"Tu vois Petit Être, l'amour c'est beau, c'est important, mais ça n'est pas tout. Tu passes à côté de choses essentielles. Et dans ta transition tu as besoin de te sentir désirable et désiré..."

5.7.06

Fuck

Si j'avais eu le temps de poster hier, j'aurais raconté que j'étais privé de mon activité favorite, me plaindre, parce que tout allait bien dans le meilleur des mondes, tout allait mieux que je n'osais l'espérer...

Samedi soir, la France a gagné contre le Brésil. Des milliers de personnes étaient réunies sur les champs pour célébrer l'évènement et, non loin de là, mes amis et moi fêtions mon anniversaire et ma victoire personnelle, la testo qui coule dans mes veines...
"Un discours, un discours!" J'ai abrégé en disant "Je vous aime!", et je voulais dire par là: "Je vous remercie tous d'être là, d'être encore là pour les anciens car j'avais peur de perdre quelques uns d'entre vous en route. Je vous remercie d'avoir gardé pour Carot/Eric l'amitié que vous aviez pour Caroline. Pour ceux que j'ai rencontré cette année, qui ne m'ont connus qu'ainsi, si vous êtes là c'est que je suis heureux de vous connaitre, et de partager tout cela avec vous !"

Vous vous rappelez, j'ai écrit que j'appréhendais le moment où je devrais annoncer ma transsexualité à l'école à laquelle je suis inscrit pour l'année prochaine... Je n'ai finalement pas attendu septembre. J'ai eu la pré rentrée il y a deux semaines, et entre l'appel nom-prénom au tout début et l'annonce d'une journée d'intégration dans un centre nautique (apport du maillot de bain conseillé!), je me suis dit que cela ne devait pas attendre. J'ai demandé un entretien avec mon professeur principal, Mr P., qui m'a demandé de revenir après déjeuner. Ipod et clopes m'ont aidé à patienter, et à ne pas penser à ce que j'allais dire puisque lorsque je prépare mes discours cela foire toujours... Bref, je reviens et lui raconte grosso modo que j'allais changer de physionomie et de prénom au cours de l'année qui allait s'écouler, pour à terme, changer totalement d'identité et m'appeler Eric C., de sexe masculin. Là il se lève brusquement, et sors de la pièce, sans mot dire ! Deux minutes après, il revient avec le responsable pédagogique, à qui je réitère mon histoire. Je les sens tout deux très embarassés. Ce que je demande au juste? Savoir dans quelle mesure il était possible de faire mes études dans cet établissement en tant qu'Eric... "Je ne sais que vous répondre. Prenez rendez-vous avec notre assistante sociale. En tout cas, vous avez beaucoup de courage..." Dans cette dernière phrase, j'entends "on va essayer de vous aider dans la mesure du possible", et déjà je suis rassuré quant à leurs intentions et leur volonté de ne pas me créer plus de problèmes que j'en aurais déjà. Le lendemain, je prends rendez-vous et quelques jours après je reçois un message de Mr P. pour me rappeler de le faire ! Tiens, me dis-je, les informations ne passent pas très bien mais au moins ils pensent à moi!
Me voilà donc, lundi 3 au matin, dans le bureau de l'assistante sociale. Je raconte ma transition à venir, elle m'interroge sur mon passé, on discute un bout de temps, abordant la question du point de vue social, professionnel, administratif et psychologique.
En conclusion, je peux intégrer l'école en tant qu'Eric, je serais appelé ainsi par mes profs et l'administration, et sauf si je n'ai pas mon acte de notoriété à ce moment là, je passerais mes examens avec ce prénom...et d'ailleurs pour faciliter l'acte de notoriété que je vais demander dès la rentrée, elle va me faire un papier comme quoi j'existe en tant qu'Eric dans cet établissement ! J'étais soufflé. Tout ce que je désirais et même plus, acquis si simplement, avec le sourire et le soutien de l'assistante !
"Il faut être cohérent, vous serez dans le vestiaires des garçons!"... Euh... Ce sera une première pour moi. Pas sûr que je serais tout à fait à l'aise, m'enfin bon, pas de problème.

Hier, j'ai vu le voisin-médecin-connaissance de mes parents, j'avais été très réticent au départ pour prendre ce rendez-vous. J'étais las, j'en avais marre de me sentir évalué par des médecins en tout genre, j'étais énervé que mes parents aient besoin d'entendre un professionnel pour m'écouter, bref, j'y suis allé à reculons. L'entretien a duré 2h, et m'a fait beaucoup de bien. 2h où, en racontant mon histoire, j'en ai profité pour faire le point, où en répondant à ses questions je mettais de l'ordre dans mes idées. Il m'a raconté les cas qu'il connaissait où la transition s'est mal passée tout en excluant un rapport avec moi, a admis que je n'aurais pas ma place en équipe officiel, m'a trouvé sensé et refléchi. Son seul conseil, c'est qu'il me faudrait être suivi par un psychanalyste avec qui j'aborderais en profondeur toutes les facettes de ma transition, et le restant de ma vie également, en parallèle ou à la place de mon psychiatre; d'autant plus que j'ai exprimé le désir de faire une thérapie à un moment donné de ma vie.
Résumé: loin d'avoir perdu mon temps, cette rencontre et cet entretien pourrait m'être bénéfique.

Jusque là, tout va bien...


Et puis aujourd'hui... Je ne sais que penser, je ne sais à qui en parler. On dirait, en exagérant que très modérement, que ma transition est l'objet d'un chantage au suicide. Je ne peux m'expliquer, et puis je n'ai pas les idées assez claires et ordonnées pour en parler.

Fuck.

24.6.06

Marche des fiertées LGBT 2006 en photos


Le drapeau trans'.

























(Pancarte que je portais autour du cou fournie par l'ASB. Il y avait aussi serveuse, ouvrier, ... Le but étant de rappeler que transsexuel n'est pas synonyme de prostitué.)


Pas de photos du char du Mag... Ni de moi d'ailleurs... alors à ceux que j'ai croisé à cette marche, si vous voulez m'envoyez des images, je les rajouterais!!

21.6.06

Adam et sa feuille de vigne

Grand merci pour toutes vos félicitations! Même si je pense qu'elles ne sont pas forcément méritées, je dois beaucoup à la chance pour en être arrivé là: d'habiter à côté Paris, donc j'ai galéré moins que d'autres pour trouver psy non transphobe et endocrino pour me suivre, d'avoir des parents qui ne m'ont pas (trop) mis de bâtons dans les roues, d'avoir des amis qui me soutiennent... Et puis ce n'est que le début d'un parcours qui promet d'être trèèès long (soupir)...

Les nouvelles de ma vie:
- Je suis admis en Prépa Culinaire et j'ai eu la semaine dernière un entretien dans le restaurant (enfin, s'ils me prennent!) où je ferais mon apprentissage. Bien entendu, je suis inscrit et me suis présenté en tant que Caroline. Que ce soit avec le chef ou avec le directeur des études, j'ai évité le plus possible de me qualifier afin que le masculin ne soit pas relevé ("vous voulez dire sérieuse?" "Si vous voulez...") mais en Septembre il faudra que je règle la situation... J'appréhende déjà le moment où je devrais expliquer que Caroline n'est que le prénom inscrit sur ma carte d'identité mais qu'en "vrai" moi c'est Eric, que durant l'année qui vient je vais changer, me transformer, et que même si à présent je ne passe pas parfaitement pour un garçon, au fil des mois le doute sera levé sur mon genre. J'ai l'impression que pour le moment tout s'est un peu trop bien passé (famille mise à part), et que je devrais forcément tomber sur un con qui ne veut pas comprendre un jour ou l'autre; à la fac je m'en foutais un peu de leur avis, je les ai prévenu histoire de ramener ma fraise, mais là il y a plus d'enjeux et il me faudra trouver les mots et le courage pour mettre toute les chances de mon côté.

- À propos de coming out qui se passe bien, j'ai longtemps hésité avant de révéler à ma collègue, une apprentie qui travaille avec moi, ma vraie nature, mais j'ai commencé à m'attacher un peu avec elle, à nouer une relation qui dépasse quelque peu le cadre de la cuisine, donc j'ai finalement décidé que je ne pouvais cacher ma situation plus longtemps ! Je me doutais que cela allait bien se passer, sans savoir à quel point. Elle a accepté mon histoire avec une facilité et une simplicité déconcertante... Le monde est en fait peuplé de gens géniaux, mais pourquoi faut-il qu'à côté il y ai des crétins arrogants racistes et homophobes (petit clin d'oeil à quelqu'un qui ne passera sans aucun doute jamais içi!) ?

- Pour la 1ère fois depuis presque 19 ans, j'ai décidé de fêter mon anniversaire... J'ai d'habitude horreur que l'on me le souhaite, et à fortiori faire quelque chose de spécial ce jour là, mais cette année il me faut célebrer également l'écriture d'une nouvelle page de ma vie, l'an 0 de ma vie d'homme (un bien grand mot pour qualifier un petit être comme moi...)!
Alors mes amis, le 1er juillet, c'est ©Cupizparty ;)

- Pour terminer sur un bémol, j'écris rarement mes états d'âmes içi, déjà parce que je ne peux toujours les exprimer, et puis car il y a des choses que je n'ai pas forcément envie de raconter au monde entier...
En ce moment je cherche à comprendre mon rapport au corps, je cherche le point de rupture qui a fait que je ne puisse plus l'assumer, que je passe de fille topless sur la plage à garçon complexé se baignant en t-shirt (la saison me force à réflechir sur ce sujet!)... C'est paradoxal de penser qu'à partir du moment où j'ai décidé de prendre possession de l'enveloppe charnel que j'habite, de la transformer pour qu'elle me ressemble, j'en ai soudain eu honte... Comme Adam et Eve qui se découvrent nus et n'osent alors plus se dévoiler ainsi alors qu'ils ont joyeusement gambadé dans le jardin d'Eden auparavant sans se poser de questions, ma propre révélation s'est accompagnée d'une prise de conscience qui m'empêche de vivre comme avant. Je ne peux dévoiler mon intimité (mon corps sans underworks) qu'à une personne (et ne me demandez pas pourquoi elle, je l'ignore) mais à part elle, je ne peux me mettre à nu devant des amis qui m'ont pourtant vu auparavant en petite tenue, qui savent bien ce que cachent ces vêtements... Qu'est-ce qui a changé: nos relations? l'importance que je donne à leurs regards?... Simplement moi...

10.6.06

"Pour moi la vie va commencer !"



Reveil difficile ce matin ! Ou plutôt cet après-midi...

Retour sur le jeudi 8: j'étais passablement stressé à l'approche du rendez-vous avec l'endocrino... Je me suis imaginé tous les scénarios dans lesquels elle ne m'accorderait pas le traitement ce jour là, des plus plausibles aux plus improbables ! Heureusement, Vivi était là pour m'apaiser (un peu!). Je me suis fait des films, bien sûr, puisque je suis sorti du cabinet avec la fameuse ordonnance !
Après avoir discuté de l'échec du traitement Orgamétril, de mes relations avec mes parents, de mon psy, l'endocrino m'a expliqué son protocole: on commence doucement avec 1/4 d'ampoule d'Androtardyl toutes les 2 semaines par injection intramusculaire, et ce pendant 3 mois, puis on augmentera.
Après ce rendez-vous, je suis retourné au restaurant. J'ai terminé ma journée à 23h, ai raccompagné ma collègue jusqu'à Saint Lazare, puis le métro s'est fait attendre 30min... Je n'ai pas pu avoir mon changement, donc j'ai effectué une partie du trajet à pieds, à 1h du matin (de Michel-Ange-Auteuil à Boulogne-Jean-Jaurès pour ceux à qui cela signifie quelque chose !). Et pendant une grande partie de cette balade, je me suis passé en boucle la chanson qui m'a soufflé l'adresse de ce blog, lerevecommence : Yakamoneye.
" Mais bon, y a bien cette chose que j'ai en moi,
Tu ne peux pas la toucher, y a que moi qui la vois,
Vision virtuelle venant, des vent les plus lointains,
Je suis vivant et en rêvant je vois la vie comme elle vient.

Le rêve commence ... Le rêve commence ...
Le rêve commence ... Le rêve commence ...
Le rêve commence, je m'en vais vite et bien
Pas de volant : les virages négocient bien
Bien voilà que maintenant, un voilier me prend !
Et c'est toutes voiles dans le vent que je voyage a présent !
(...)
Je rêve ... Je rêve ... Oh oui, je rêve, je fais que ça,
mon frère, tu voies.
Je rêve ... Je rêve ... Je rêve ... Je rêve ...
Je rêve ... Je rêve ... Je rêve ... Emmène nous avec toi !

Je rêve, oh oui mon frère, ça vaut tous mes mois de salaire,
Ma couette c'est le repère où je mène une vie pépère.
J' libère le monde amère, et même si je reste fier,
J'aurais du mal à refaire tout ce qu'il va de travers,
Alors j'traverse les océans, pour trouver ce monde d'enfants,
Fonçant comme un dément vers ces gens plus cléments,
J'y reste quelques temps, tant que je peux y rester,
Et quand le réveil sonne j'ai l'énergie pour lutter."

Et je chantais à tue-tête, et je remuais vaguement au rythme de ce son reggae (certains appellement ca danser) au milieu de la route ... Une fois rentré chez moi, je me suis écroulé pour ne me reveiller qu'à l'heure où j'aurais déjà dû être en cuisine !

M'en fiche, me dis-je, ce jour est spécial et rien, aucune engueulade, aucune remarque du chef ne pourra la gâcher ! J'vais m'faire piquer ! Tiens je vais mettre un underworks tout neuf pour l'occasion ! Je me dépeche pour filer à la salle de bain et alors que je me coiffe ma mère toc à la porte. Elle me raconte qu'il y a une semaine, un voisin qu'elle a croisé lui a demandé : "Que deviens votre fille? Vous l'avez mise en pension? On ne la voit plus depuis quelques temps !" Je souris. Elle lui a répondu, cash "ben non, elle est toujours là, c'est juste que maintenant elle devient un garçon, elle est transsexuelle "(sic); là j'ai ris! Parce que je l'imaginais bien déballé ça comme ca au voisin du dessus (ou du dessous, j'ai oublié) et lui qui devait faire une drôle de tête... Coincidence extraordinaire, ce mec est médecin et a suivi des trans pendant 20 ans... qu'il a dit... Bref, et en 20 ans, il y a eu 3 cas où en fait, le problème était ailleurs. À ce que j'ai compris, pour 2 d'entre eux la transition était à peine entamée mais pour le dernier, on n'a pas pu le rétablir "comme avant". Voilà, il a réussit à inquiéter ma mère plus qu'elle ne l'était déjà avec cette histoire ! C'est vrai, il y a des gens qui se sont crus transsexuels et qui se sont trompés (c'est pourquoi je suis contre la totale dépsychiatrisation des trans'), j'affirme, je sais que je n'en fais pas parti, mais eux ne disaient-ils pas la même chose ? Je ne doute pas de moi, seulement de la crédibilité de mes affirmations. Mais je m'égare !
La journée de travail est passée plutôt vite (en même temps j'ai commencé à 10h...), mais à ma pause j'ai dû prendre mon mal en patience pour attendre l'ouverture du cabinet d'infirmière (17h). "J'y vais, j'y vais pas? Pas maintenant, sois pas ridicule, tu va pas arriver une demi heure avant l'ouverture ! Maintenant? Patience, bon sang ! Occupe toi! Bon allez c'est parti ! Mais j'ai peur de la piqûreuh!"... Finalement il y avait déjà quelqu'un avant moi dans la salle d'attente ! J'ai pris un magazine, et me suis plongé dans un passionnant article (l'acte amoureux pendant les règles) de Elle. "C'est à vous?" Ah zut, j'ai pas fini de lire... L'infirmière trop gentille, prévenante, a su me mettre à l'aise. "Voilàààà..." "Ca y est?" "Vous voyez que ce n'était rien!" Même pas mal !
J'ai rejoins Vivi avec qui j'ai passé le reste de ma pause (avec quelques minutes bonus:o)), puis retour en cuisine. Quelques brochettes de moules, quenelles de concassé de tomates, pains et mignardises plus tard, 23h, je rentre sur Boulogne. Après avoir été cherché ma bouteille de champ', et écrit un très bref message sur ce blog, j'ai rejoins des amis (dans l'ordre d'apparition, Eugénie, Loulou, Tonce, Alex et Rico) pour déboucher la bouteille et fêter ma renaissance ! On a trinqué à Eric, à un petit garçon qui va devenir petit homme...
J'ai rejoins mon lit vers les 4h du matin, fatigué mais ravi, soulagé d'avoir franchi cette étape et d'avoir eu la 1ère injection d'une longue série, et heureux d'avoir des amis qui comprennent ce que cela représente pour moi et qui partagent ma joie !

9.6.06

Première injection de testo aujourd'hui à 17h20 !

Pas le temps d'écrire maintenant, je vais sabrer le champagne et fêter ça avec quelques amis :p