28.3.07

Routine


Presque deux mois que je n'ai pas posté! J'avais prévenu lors de l'inauguration de ce blog qu'il n'avait pas une grande espérance de vie, et finalement cela fait bien un an et demi que je le tiens. Je relisais mes journaux intimes récemment, et j'ai remarqué que j'arretais d'écrire à chaque fois que je me trouvais dans le creux de la vague...
Ceci est un blog consacré à ma transition, et si je ne poste plus beaucoup, c'est qu'il n'y a rien de neuf à raconter, et que ça me désespère. J'écrivais sur le forum Variations, il y a 3 mois, "j'en ai marre de ronger mon frein, de prendre mon mal(être) en patience", et aujourd'hui ma patience est à bout, mais je ne peux y faire grand chose pour le moment. Pas d'autre choix que de prendre sur moi et de me plonger dans ma routine, en cherchant à accélerer le temps... Jusqu'aux prochaines pages blanches de mon agenda, en septembre!
Je suis loin d'être déprimé, plutôt habité par une sorte de rage intérieure, heureusement atténuée par le fait qu'hormis ma transition, ma vie est plutôt équilibrée, ce qui n'exclue pas des passages à vide ou des moments où je suis à bout de nerfs...
Des jours, pourtant semblables aux autres, que je vis comme un calvaire, dès le moment où, comme chaque matin, je superpose mes t-shirts compresseurs. Différentes combinaisons sont possibles (selon la taille, la longueur...) et donc un choix s'offre à moi: aujourd'hui, est-ce que je veux respirer et craindre que quelqu'un remarque quoique ce soit, ou être libéré du regard des autres quitte à restreindre ma liberté de mouvement... Ces jours là, quoique je fasse,je prendrais la mauvaise option. Ensuite, que je sois à l'école ou en entreprise, je me retrouve près des fourneaux, et plus la chaleur monte, plus j'etouffe, un malaise surpassé par le plaisir que je prends, mais constamment présent, en sourdine.
Des jours où je peut prendre mal n'importe quelle reflexion portant sur le sexe ou le genre. Même si elle est positive, qu'elle me conforte dans ma masculinité, dans ma tête une voix gueule: "Mais je ne suis pas un homme putain, mon 95C tu ne le vois peut-être pas, mais je ne l'oublie pas!"....
Une rage intérieure que j'aimerais évacuer autrement qu'en fumée...



30.1.07

Les petites remarques quotidiennes

Extraits tirés de ma journée d'aujourd'hui, en cuisine:

Ma collègue qui me dit en déconnant: "J'ai envie d'être casse-couille avec toi aujourd'hui !" et le chef, entendant cela, qui réplique: "Pour cela, il faudrait qu'il en ait!".

Mon chef de partie : "Merde Eric, t'es incapable de faire deux choses en même temps, de te concentrer sur ce que tu fais et d'écouter ce que je te dis?? [bah nan...] Il y a une fille un jour qui m'a sorti que c'était bien un truc de mec ça ! Qui sait, ca prouve peut-être quelque chose !... "

Le plongeur, m'entendant répondre "avec ma copine" à une serveuse qui me demandait avec qui j'allais au concert de Shakira: "Il a une copine??" Elle : "On te parle, Ahmed?" Lui: "Mais il.. Il est même pas
terminé!"

4.1.07


Eh au fait... Bonne année à tous !
J'allais répondre à un commentaire d'Alex sur mon dicklit lorsque j'ai réalisé que je n'avais pas ou prou aborder le sujet... Pourtant, s'il y a bien un effet incontestable de la testo, c'est bien l'augmentation exponentielle de ma libido ! Je me souviens d'un fil de conversation sur la sexualité des trans ("parlons en!'") où je disais pouvoir incarner le petit "saint" du forum, et qu'on m'a répliqué que l'on en reparlera après ma prise d'hormones... Et donc... Si je ne me masturbe pas plus - c'est-à-dire pas du tout -, il est vrai que j'y pense très souvent et qu'il me suffit parfois de pas grand chose pour que je sente mon dicklit bander. C'était une sensation surprenante au début (pas "mais que se passe-t-il dans mon calfut?" mais presque, c'est si différent qu'avant), et toujours aussi jouissive.
Après, pour répondre précisément, j'ai vérifié sur ma règle: 4-5 cm, ca me parait assez grand quand même ! 3 cm en érection me parait plus vraisemblable; mais si j'ai atteint mon taux normal de testo, ma "puberté" n'est pas terminée. Wait and see...

3.1.07

Club

Je suis parti avec ma famille au Club Med de Chamonix pour la semaine de Noël. Pour des vacances à la montagne alors qu'il n'y avait pas de neige, c'était plutôt sympa !
Ce fut l'occasion pour mes parents de se confronter à la réalité de mon existence en tant qu'Eric. Je me rappelle surtout de la 1ère anecdote, le soir de Noël: nous étions attablé avec une famille avec qui nous discutions, le niveau basique de la conversation entre personnes qui se rencontrent: d'où venez vous, vous faites quoi dans la vie etc. Nous en étions au dessert lorsque ma mère évoque ma grande soeur; la femme s'exclame alors: "Ah d'accord ! Je comprends mieux, parceque depuis tout à l'heure vous parliez de votre fille, mais là je ne vois que vos deux fils..." Je me suis levé de table avec un sourire en coin, ma mère continuant la conversation comme si de rien n'était...
Le lendemain, au petit déjeuner, ma mère et moi avons fait connaissance avec une femme et ses deux enfants, 19 et 24 ans, que nous avons retrouvés plusieurs fois dans la semaine. Au fil des conversations, ils ont remarqués que ma famille usait du féminin pour me désigner et s'en sont étonné. Je n'étais pas là, c'est ma mère qui me l'a rapporté et m'a raconté qu'ils ont donc expliqué qu'ils avait du mal à s'habituer... Mon frère sortant une phrase du style: "quand même, vous comprenez, ca fait 19 ans que c'était ma soeur !". Cela n'empêche qu'ils ont continué à m'appeler Eric et à parler de moi à ma mère comme son 2ème fils.
Au final, cette semaine m'a permis d'essayer de m'affirmer en la présence de ma famille, et de vérifier aussi qu'il m'est toujours impossible de les laisser rencontrer une connaissance, une personne plus ou moins proche qui ignorerait cette partie de moi, sans être trahi à un moment donné - involontairement ou peut-être par manque de volonté de contrôler ses propos, justement -. Je doute notamment qu'Eric rentre un jour dans les moeurs... Cela ne me dérange pas de répondre à Carot entre nous, mais en public, je sers les dents ! Ma mère essaye d'éviter d'ailleurs, m'appelle "mon petit cuistot" :)...

18.12.06

En résumé

Il y a des périodes - semaines, mois voir année - où je me sens plus spectateur qu'acteur de ma vie... L'impression que le déroulement de mon existence est réglée comme du papier musique... Comme si la mécanique était trop bien huilée, qu'il n'y avait plus besoin de moi pour la faire fonctionner. Il y a des périodes déprimantes où je fais le dos rond en attendant que le temps passe et me permette d'oublier ce qui me tracasse. C'est un peu tout cela en ce moment, et c'est pourquoi j'ai un peu déserté mon blog ces derniers temps. Alors voilà, cela fait plus d'un mois que je n'ai rien écrit, et je ne sais par où commencer.

Peut-être par le côté purement médical, le plus simple à raconter : il y a 2 semaines, le 5 décembre, j'avais rendez-vous avec mon endocrino. Cela fesait 3 mois que je me fesait injecter une demi ampoule d'Androtardyl, et j'aurais dû augmenter d'un quart. En fait, selon mes analyses, mon taux de testostérone est déjà dans la norme masculine, donc mon traitement ne bougera plus. Elle a donc renouvelé pour 6 mois mon ordonnance, mais constatant l'absence de pilosité faciale, elle a ajouté une application locale de gel (Andractim). Le problème, c'est que je prenais en parallèle un traitement contre l'acné dû à cette nouvelle puberté et l'association des deux (ou plutôt des trois: Andractim+Différine+Euryfluid) a eu un résultat plus que douteux. Bref, je fais l'impasse sur ces traitements locaux en attendant de trouver une solution... À noter, son étonnement quant à l'apparition de ma pomme d'Adam, j'ignore d'ailleurs si cela est fréquent chez les ftms.
Pas grand chose à rajouter sur les effets du traitements par rapports à mes précédents posts: ma voix s'est stabilisée, les veines de mes avant-bras deviennent plus saillantes, mes mains se sont épaissies, ma musculature continue de se développer... Mais il est difficile d'apprécier les changements lorsque l'on se voit tous les jours dans le miroir.

Niveau juridique: je ne sais plus si j'ai mentionné le fait que la notaire que j'avais contacté a finalement refusé de me faire un acte notarié. Suite à cela, ma mère m'a permis de contacter Me F., l'avocat de la famille, qui a décidé d'entamer une procédure de changement de prénom... J'ai profité de l'occasion pour réfléchir sérieusement au remplacement de mes 2ème et 3ème prénoms, sachant que l'un fait référence à mes origines vietnamiennes et l'autre espagnoles, et en parler avec elle. J'avais pensé à Esteban pour le 3ème, mais cela ne lui plaisait pas vraiment. Bref, on a finalement arrêté nos choix et me voilà rebaptisé Eric Tai Juan. Difficile de faire plus court! Il ne me reste plus qu'à fournir les témoignages de personnes certifiant me connaître sous le nom d'Eric pour que mon dossier soit complet. Bon, ce genre d'affaire peut prendre des mois voir plus d'un an avant d'aboutir, mais ne serait-ce que d'avoir la lettre indiquant qu'une procédure est en cours me facilite quelques démarches (aller chercher un courrier à la poste, passer mes examens...).

Ecole et entreprise : J'ai été assez déçu d'apprendre par Sandra et Guillemette, les deux filles à qui j'ai fait mon "coming-out inversé", que toute la classe était au courant de ma situation, et ce depuis un bon mois. J'aurais préféré garder le mystère un peu plus longtemps... En fait, ce qui m'a plutôt énervé, c'est la façon dont cela s'est produite: mon binôme, le mec qui bosse dans le même resto que moi (il est à l'école quand je suis en entreprise et inversement), a trouvé le moyen de raconter ma vie à quelqu'un qui l'a dit à quelqu'un qui... Et le bruit s'est propagé dans ma classe. Le côté positif de la chose, c'est que cette donnée n'a rien changé pour mes camarades; ni remarques, ni lapsus, aucun changement de comportement à mon égard, que dalle. C'est surprenant. Voir même encourageant en ce qui concerne l'évolution des mentalités... Pour le moment, ils ne savent pas que je sais qu'ils savent (^^), et c'est très bien ainsi. Même si ce n'est plus vraiment un secret, je ne tiens pas à en parler avec eux.
N'empêche que je trouve très salop de la part de mon binôme d'avoir divulgué cette information; heureusement que je ne le vois qu'en période de vacances scolaires, lorsqu'on travaille tout deux au restaurant, j'ai ainsi le temps de digérer... En parlant de restau, ça se passe plutôt mieux. Il me semble que certaines personnes commencent -seulement- à integrer Eric=il, je suis parfois même étonné du naturel avec lequel ils associent ces deux vocables ! Des jours où je me dis qu'aucune situation n'est désespérée...

Quid de la famille? Passons sur ma mère, qui a déjà fait l'objet d'un post rien qu'à elle... Quoique, il me parait important d'ajouter un progrès en cours: la multiplication des appellations masculines me concernant. Ca fait toujours plaisir de recevoir des messages commençant par "mon petit chéri" :)...
Mon frère également commence à accorder certains qualificatifs au masculin, et je ne sais si c'est un acte réflechi ou une forme de lapsus qui deviendrait progressivement un automatisme de sa part, mais ce fut un soulagement lorsque je l'ai remarqué. Je peux, à présent, sérieusement espérer que viendra le jour où cela sera devenu une habitude, et cela m'épargne de lui demander de faire un effort... Je ne sais exactement pourquoi je me refusais à lui imposer ainsi l'identité que je suis en train de me construire, contrairement à ce que je peux faire avec mes parents. Ce sont pas les mêmes rapports: eux ont placés de nombreux désirs et espoirs en moi, qui sait tout ce qu'ils ont pu projeter pour mon avenir en me voyant grandir... C'est cette image idéalisée de moi qu'il me faut déconstruire pour être accepté tel que je suis réellement, et leur forcer un peu la main et le seul moyen que j'ai trouvé pour cela. Le lien fraternel est forcément différent et me pousse à préferer que de sa part, tout vienne naturellement, comme un consentement tacite à ce que je deviens. Ou même une résignation...
Je ne pense pas avoir déjà parlé de lui içi. Saviez-vous seulement que j'ai un frère? Il a 22 ans, et sans lui je ne serais pas exactement le même aujourd'hui... Comme beaucoup de grands frères, c'était un modèle, il me fallait faire tout comme lui et si possible mieux que lui (pour le meilleur et pour le pire d'ailleurs !). Il m'a appris à manger (précisons: à me servir de mes couverts) et à écrire (tenir mon stylo plume), deux choses essentielles dans ma vie: si ça se trouve, un autre frère et je n'aurais pas été cuisinier ni n'aurait tenu ce blog... Bon, j'extrapole peut-être un peu !
Parce que je n'ai pas grandi avec elle et qu'elle a bien le double de mon âge, la relation que j'ai avec ma soeur est incomparable à celle qui me lie à mon frère. En "vrai", ma demi-soeur, par ma mère, et également ma maraine; je ne sais plus à quel âge on m'a expliqué simplement que parain et maraine étaient là pour remplacer comme ils pouvaient père et mère s'ils venaient à disparaitre, mais j'avais pris cela très au sérieux ! Soeur pour ma vérité personnelle et mère remplaçante dans ma conception enfantine de l'organigramme familial, forcément quelqu'un de très important pour moi... C'est la première personne de la famille à qui j'ai avoué que j'étais trans. Après avoir manifesté une certaine désaprobation, je crois qu'elle a fini par se résigner à accepter. Ce qui m'embête c'est qu'elle se prépare actuellement à déménager aux Etats-Unis, et comment fera-t-elle pour s'habituer à son nouveau petit frère si on ne se voit plus? Mais surtout, et ça n'a rien à voir, ça m'attriste de penser que je ne verrais plus mes neveux grandir ! Ma seule crainte est que ma nièce ne devienne le stéréotype de la pom-pom girl américaine :p, mais pour pour en revenir au sujet du blog, en ce qui les concerne, on dirait qu'ils ont déjà integré ma nouvelle identité: ma mère m'a rapporté qu'ils lui ont parlé de moi en tant qu'Eric !
Ce n'est pas le meilleur pour la fin, au contraire... Mon père a toujours du mal à encaisser, il commence à peine à en parler avec ses amis, jamais sans émotions, souvent avec quelques larmes... C'est un début, le début d'un très très long cheminement...

J'ai l'impression d'avoir tapé un pavé, pas le courage de me relire ni de détailler pour la fin, et en même temps il n'y a plus grand chose à raconter:
- Le moral connait des hauts et des bas, mais comme mes états d'âme actuels n'ont qu'un lien très infime avec ma transition, il me parait déplacé de les exposer içi. Il n'y a pas de quoi s'inquiéter, je touche plus souvent les nuages que le marécage de mes tourments et autres contrariétés, et ce surtout grâce à...
- côté coeur (non je ne recopie pas un horoscope! ): ai-je déjà été si heureux en couple? J'en doute. Il me semble que je me suis rarement senti aussi bien avec elle que ces derniers mois, et -cela a peut-être un rapport- je sais que je n'ai jamais été autant amoureux...

12.11.06

Si, Maman, si...

"Si, maman, si
Si, maman, si
Maman, si tu voyais ma vie
Je pleure comme je ris
Si, maman, si
Mais mon avenir reste gris
Et mon cœur aussi"

C'était la chanson que je dédiais à ma mère il y a à peine plus d'un an. Quand j'allais mal et que je pensais qu'elle ne le voyait pas, quand toutes mes crises semblaient avoir pour seule explication "l'adolescence, ca lui passera" à ses yeux, quand elle essayait maladroitement de me parler et que je me fermais comme une huitre, quand j'accumulais de la rancoeur contre mes parents ...

S'il y a une réussite dans ma transition, un point positif indéniable, c'est que je puisse parler de tout cela au passé, c'est cette impression qu'elle m'a rapproché de ma mère. Cet abcès crevé, le temps de cicatriser les plaies, on a mis des mots sur nos douleurs: pour elle, celle de "perdre" une fille, pour moi celle de faire souffrir mes proches juste à cause de ce que je suis. En paroles et en actes, elle a su me montrer à quel point son attachement à son enfant surmontait toutes les différences et les difficultées; je n'ai jamais autant pu sentir, presque palper cet amour maternel que durant ces derniers mois et ça c'était inespéré...

En parlant de nous deux, on dérive sur nous quatre et de fil en aiguille, on peut aborder tous les sujets, discuter de tout et de rien. Une relation banalisée, en somme. À l'heure où j'etouffe quelque peu dans ma chambre d'enfant, où j'attends avec impatience mon déménagement puis mon indépendance, je suis heureux que nous soyons arrivé à ce stade. Autrement, j'aurais pu partir avec un sentiment d'échec ou d'inachevé...

Coming-out inversés

J'ai fait mes premiers coming-out inversés récemment, c'est-à-dire qu'au lieu de déclarer "en fait je suis un garçon", j'ai avoué à deux camarades de classe qui me connaissent simplement en tant qu'Eric que je fus une fille il n'y a pas si longtemps...

Le 1er était début octobre. Je n'imaginais pas que je pouvais totalement passer en tant qu'Eric pour des personnes qui me cotoient tous les jours et me demandais s'il n'était pas possible que tous soient au courant d'une manière ou d'une autre et que personne n'en parle ! Bref, pour m'en assurer il fallait que j'en parle à quelqu'un et j'ai choisi une fille de ma classe que je savais digne de confiance. C'était par msn, et après avoir tourné autour du pot un certain temps, j'ai raconté que j'étais né(e) Caroline, que j'étais tout bêtement trans... "wow" fut sa première réaction. Puis lorsque j'ai expliqué que cela était nouveau pour moi de vivre pleinement (dans le cadre scolaire) sous mon identité masculine, que je n'arrivais pas à réaliser, elle m'a répondu qu'elle n'arrivait pas à croire que je n'étais Eric que depuis quelques temps :o) ! Elle m'a finalement assurée qu'à sa connaisance, personne dans l'administration scolaire n'a divulgué ces informations aux élèves.

Le 2ème, c'était il y a 3 jours. On était cinq ou six posés dans un bar après les cours et la conversation portait sur les photos dossiers qu'on a tous dans notre portefeuille (carte d'identité, permis de conduire...) et une fille, S., tenait absolument à voir les miennes... Un pote en face de nous, entendant cela, balance en déconnant qu'il allait me retourner pour choper mon portefeuille; j'ai jeté un froid en lui répondant très sérieusement quelque chose comme "tu fais ça, tu te prends un pain dans la gueule."... J'ignorais que la peur de me faire découvrir par les mecs de ma classe pouvait me rendre instantanément menaçant, ce qui n'est vraiment pas dans mes habitudes.
En revanche, je pensais pouvoir le dire à S., alors on est finalement sorti dehors où je lui ai montré ma carte étudiante de l'année dernière, où j'apparais cheveux longs et maquillé. Elle la prend, lis "Caroline" et me dit: "tu sais quoi, je m'en doutais", et ça m'a à la fois agacé et rassuré, rassuré car il fallait bien que quelqu'un me grille un jour ou l'autre et que j'étais content que cela se passe ainsi, qu'elle n'ait fait aucune remarque sur le moment. Elle m'a expliqué qu'un jour où j'étais en marcel, elle avait aperçu mon t-shirt de compression et a ajouté qu'en début d'année, elle et quelques autres filles se sont demandé si j'étais une fille ou un garçon puis, entendant ma voix, ont choisi la seconde option. Paraitrait aussi qu'il me reste des attitudes ou tics typiquement féminins... Que voulez-vous, on efface pas des années dans la peau du personnage comme ça !

19.10.06

J'ai failli écrire un message il y a moins d'une semaine, qui disait quelque chose comme "je ne vois pas pourquoi je m'emm**** avec cet acte notarié si c'est pour passer mes exams de fin d'année en tant que Caroline", puisque dans le dossier d'inscription au CAP, il me faut fournir divers papiers comme mon diplôme du Bac que je ne peux falsifier... Ma connexion internet a buggé, j'ai eu la flemme de réécrire ce post qui avait une importance toute relative. Bref, tout ça pour dire qu'il serait déjà obsolète, car alors que j'annonçais ma déconvenue à la secrétaire responsable de ma section à l'école, je m'entends répondre: "C'est pas un problème si tes papiers et diplômes ne sont pas au nom d'Eric, je vais m'arranger pour t'inscrire tout de même, au besoin en expliquant la situation." Je pense qu'à la fin de l'année, un bouquet de fleurs s'impose pour la remercier ! Donc j'ai appeler ma notaire dans la foulée, j'ai un rendez-vous mardi où je saurais si c'est dans la poche ou si je me replonge dans les pages jaunes...

Lundi, injection de T. L'infirmière me demande les effets secondaires constatés jusqu'içi, mis à part ma mue, et alors que je baissais mon caleçon: "déjà, ta pilosité s'est développée!". Je confirme, puis réalise: merde, elle voit ça sur mes fesses? C'est une partie de mon corps que je n'avais pas pensé à surveiller, mais je dois constater que là aussi la testo a eu son petit effet... J'veux devenir un homme, pas un ours ! ^^"

Phrase du jour, venant d'une serveuse de mon restaurant qui parlait de moi en employant le masculin (normal quoi !) en réponse à mon chef de parti (spécialiste des "Eric, elle"...) qui s'en étonnait: "bah oui, c'est un garçon, est-ce que je te parle au féminin à toi?". Dommage, je n'ai pas vu sa tête !

17.10.06

Loren Cameron




J'ai retrouvé l'une des photos dont je parlais dans mon post du 24 Août: "C'est l'une des premières photos de ftms que j'ai vu, et je fus impressioné par la virilité que dégageait ce gars. Lui, il aurait eu un corps de femme??"
Ce gars ci-contre, c'est Loren Cameron. Je suis tombé sur lui grâce au site Successful TransMen, qui réunit des photos et des liens d' "hommes trans qui ont réussi leur transition" d'origines diverses.

8.10.06

Existrans



Photos prises par Hélène




"TransVisibility"
Kael et, derrière, Stef







Photos MAG




"Ftm's: filles manquées garçons réussis"

3.10.06

Il y a une chose que je n'ai pas eu le temps de raconter hier. J'en parlais il y a une demi-heure avec mon infirmière... Si tout se passe bien du point de vue de ma transition à l'école, il n'en va pas de même à mon restaurant. On ne peut pas dire que mon identité masculine est acceptée et intégrée par tous les membres de la brigade en cuisine. Être l'objet de curiosités ne me dérange pas vraiment, répondre aux questions du plongeur (sur les opérations, sur le pourquoi du comment) ou de mes collègues non plus... Sauf si ce qu'ils retiennent de mes réponses c'est essentiellement que, pour le moment, je suis toujours physiquement une fille.
"Aurélie et Eric, toutes les deux..." ... "Eric, elle..." ... me parviennent parfois aux oreilles et, à tort, je ne me permets pas toujours de relever et de corriger. Parfois, ils rectifient d'eux-même. Ou il arrive que je les fusille du regard : "Ca se voit, t'as la haine dans ton regard" m'as sorti un jour Aurélie. Mais il va falloir que j'apprenne à ouvrir ma gueule. Que je mette les points sur les i. Je l'ai réalisé lorsque, samedi dernier, j'ai vu sur le planning de la semaine "Caroline", barré d'un trait, et au-dessus "Eric"... J'avais tellement la rage lorsque j'ai lu ça en arrivant ! Envie de prendre un marqueur, un tipex pour rendre Caroline ilisible. Et puis à la fin du service, j'avais oublié. Oublier d'y penser seulement, mais cela m'est revenu très vite.

"Il faut que tu en parles à ton responsable de stage. C'est admirable que tu fasses ton traitement et ton apprentissage en même temps, mais il faut que tu te fasses respecter tout de suite. Tu ne peux pas avoir pour eux la même indulgence que pour tes amis ou ta famille, sinon tu va te faire bouffer. Laisse pas passer ça, c'est le moment de ne pas être une mauviette, comme on dit. Il faut apprendre à être grande gueule !" "Faut taper du poing sur la table, prouver ta virilité, et avec un grand V!" C'est en substance ce que m'as dit mon infirmière. Ca rebooste, et en même temps ça intimide. Je suis tellement habitué à prendre sur moi, à encaisser, ce qui est rarement la solution de facilité... Me plaindre, même avec légitimité, n'est pas vraiment dans ma nature (sauf pour être totalement de mauvaise foi sur des futilités ^^). Apprendre à ouvrir ma gueule, à taper du poing... Est mon prochain objectif.

2.10.06

J'ignore pourquoi cela s'est produit et comment ça s'est résolu, mais je m'excuse pour le bug de mon blog dernièrement ! J'en profite pour donner quelques nouvelles...

En bref:
- 4 mois de traitement hormonal, donc 8 injections; la prochaine devrait être demain. Ma mue continue, ma pilosité s'est largement développée; au niveau des golfes de mon cuir chevelu, les cheveux sont progressivement transformé en duvet puis ont chutés ; ma musculature se révèle.
- J'ai entamé les démarches pour mon acte de notoriété: ayant choisi le cabinet de notaire dans les pages jaunes, j'ignorais sur qui j'allais tomber et comment présenter mon cas ! J'ai dû préciser à plusieurs reprises à 2 interlocuteurs différents que je ne pouvais faire de changement de prénom, étant donné mon état civil actuel, donc que la seule option qui se présente à moi pour utiliser quotidiennement mon prénom Eric était cet acte notarié. Au dernier rendez-vous, la notaire m'a demandé de revenir avec une lettre de mon psychiatre et une de l'assistante sociale de mon école, puis elle accepterait ou non de recevoir mes témoins pour enregistrer l'acte. Elle semblait très réticente à le faire, m'a proposé d'autres prénoms qui ont pour particularité d'être mixte (Dominique) ou de modifier l'orthographe d'Eric pour Erique... Je lui ai répondu que si enregistrer cet acte lui posait problème (de conscience ou autre), il suffisait de me le dire et j'irais voir ailleurs ! Bref, je vais aller chercher les documents demandés, cela me servira toujours dans mon dossier si je dois contacter un autre cabinet... Et suite au prochain épisode.

18.9.06

Ecole

Ma rentrée scolaire était jeudi 7 septembre; on a passé cette journée en stage d'intégration sur une base nautique. Au programme: course d'orientation et kayak-polo ! J'ai esquivé la deuxième activité, n'ayant pas prévu de vêtements de rechange et ne pouvant me mettre tout simplement en caleçon... À part ça, très bonne journée !
C'était un test pour moi, est-ce que je passe réellement, totalement, dans un autre contexte qu'un échange verbal bref (achat, renseignement donné dans la rue...)? Cela ne m'était pas encore arrivé de me présenter en tant qu'Eric à des gens que je devrais cotoyer toute une journée, a fortiori une année, et avec qui je devrais converser. Ce fut plutôt réussi ! Si mes camarades ont eu des doutes sur ma nature, ils en ont rien laissé paraitre (mais peut-être que j'apprendrais un jour que l'administration si prévenante de cette établissement s'est chargé d'informer toute ma promo !).
Tout s'est déroulé de la manière la plus naturelle qui soit cette semaine. Ma classe est composée de 7 filles et 7 garçons, y compris moi. Seul mon professeur principal est au courant de ma situation; un jour où les filles, comme à leur habitude, tardaient dans les vestaires (ce n'est pas du sexisme, c'est un constat ;)), il nous a présenté à un responsable comme étant "les contrats pro de sexe masculin" et m'a envoyé un discret clin d'oeil...
Je n'ai rencontré qu'un problème: en cours de gestion, je cherche mon nom sur la feuille de présence et lit: "C........ Caroline". Je panique intérieurement, signe tout de même, et rends le document erroné au professeur. Je scrute tous les élèves: aucun regard interrogateur? Est-ce possible que cela soit passé inaperçu??? À la fin du cours, je vais voir le professeur pour lui expliquer qu'il y a une erreur de prénom sur la feuille d'émargement: "vous me le rappelerez la prochaine fois, on barrera, c'est tout!" Horreur, j'imagine une rectification manuscrite consistant en un simple trait sur Caroline et Eric écrit à côté, le truc qui interpelle, obligeant à remarquer la faute et sa correction, ou comment me griller à coup sûr ! Direction le secréteriat: la secrétaire est au courant de mon dossier, et conclu que cet abruti (ce ne sont pas ses termes, bien sûr) s'est servi lui-même et a pris les feuilles de présence qui ont été faites avant ma révélation (et qui auraient dûes être détruites). Elle fera l'échange. Fin du mélodrame.

14.9.06

Mes messages vont sûrement s'espacer de plus en plus. Ce blog n'est pas un journal intime mais est consacré à ma transition (même si parfois je raconte un peu ma vie), et je pense entrer dans une période où elle va suivre tranquillement son cours, la testostérone faisant son action, jusqu'à l'approche de la prochaine grande étape, la mammectomie.
Le temps des découvertes, des comings-out, des adaptations à ma nouvelle identité est révolu, ou presque... Car il y aura toujours des personnes à qui révéler que Caroline est devenu Eric (famille éloignée, anciennes connaissances qui recroiseront peut-être ma route...) et d'autres à qui avouer qu'Eric fut Caroline, dans sa première jeunesse (camarades de classe avec qui je deviendrais éventuellement plus intime, nouvelles rencontres...).
L'année qui se profile a un calendrier déjà bien chargé et ses objectifs sont assez clairs. Alterner entre école et restaurant, jusqu'en mai, passer (et réussir!) mes examens, puis travailler au restaurant jusqu'à la fin de mon contrat, en septembre. Tenter de faire coincider mon emploi du temps avec celui de ma copine pour la voir le plus possible. Ne pas oublier les rendez-vous hebdomadaires, mensuels ou trimestriels avec: infirmière, psy, endocrino, médecins divers. Caser mes amis dans les temps libre restants ! Et garder quelques instants pour moi...

J'aurais tout de même matière à poster durant cette période ! Déjà, dans un futur proche, il me faut contacter le ou la notaire qui s'occupera de mon acte de notoriété, pour officialiser ce prénom qui désormais me désigne quotidiennement et est inscrit sur ma carte d'étudiant (très bon point pour mon dossier, ça!).

Et puis j'espère pouvoir poster durant le week-end pour raconter ma première semaine d'école! Parcequ'il y aurait quelques trucs à raconter, tout de même, mais je risque de m'éterniser et il ne faudrait pas que demain je sois à la masse pour finaliser la préparation de 2500 portions de Baeckeofe (comment ça vous ignorez l'existence de ce plat traditionnel alsacien?...)...

2.9.06

Elly

Je devais aller me coucher... Et puis je me suis attardé sur ce lien reçu dans un commentaire en me disant: "bon, pas le temps de le lire maintenant mais s'il parait intéressant, j'le mets en marque-pages et dodo." Ca fait quelques heures que mon lit m'attend. Maintenant, je n'ai pas envie de le retrouver avant de parler de ce blog, de partager cette bonne adresse, comme si c'était un bon restaurant où je voudrais inviter mes amis (on voit que j'ai repris la cuisine ! ^^).
Je ne me suis intéressé qu'à très peu de témoignages de transsexuelles (MtF), comparé à ce tout ce que j'ai pu lire sur les FtMs. Tout simplement parcequ'il m'est difficile de m'identifier à quelqu'un qui entreprend le chemin inverse au mien ! Le blog d'Elly a d'autant plus de mérite pour m'avoir ainsi captivé.

Elly, si tu repasses par içi, je fait une sorte de commentaire par blog interposé car j'ai voulu réagir maintes fois, ne serait-ce pour te dire combien j'étais touché par ce que tu écrivais, et je n'ai pas trouvé de post qui soit plus approprié qu'un autre pour en faire une synthèse. Alors en le faisant sur mon blog, j'espère donner l'envie à ceux qui me connaissent par ce biais de te connaitre aussi ! J'ignore comment est-il possible d'aimer autant la vie, mais tu sais communiquer ta joie de vivre et tes espérances. Je t'admire pour ta volonté: de ta naissance à aujourd'hui, il y a eu pas mal d'embûches sur ton chemin et à présent tu te bats toujours, contre le VIH et pour mener ta vie de femme à part entière. Bien d'autres choses encore me plaisent en toi: tes coups de gueule, ta reconnaissance envers les personnes qui t'ont marquées en bien (l'ingratitude est à mon sens l'un des pires défauts), ton honnêteté vis-à-vis de toi-même –et par conséquent vis-à-vis de tes lecteurs– (entre autres car cela doit être difficile de reconnaitre que la prostitution reste une possibilité de solution)... Mais la plus passionnante des histoires serait totalement dénuée d'intérêt pour moi si elle était mal rédigée; ton écriture n'est pas la moindre de tes qualités, et c'est la dernière que je citerais !
Je te souhaite énormément de bonheur, car sans nul doute tu sauras le savourer, et surtout de rencontrer cet Amour que tu attends.
PS: mais permets moi un petit conseil, lorsque tu le croiseras... Attends un peu si tu comptes lui donner le lien de ton blog, ou juste lui montrer tes écrits. Tes lettres à l'Amour peuvent faire peur à certains hommes... J'dis ça, mais si l'Homme se présente, l'élu de ton coeur, la moitié de ton être (moi en faire trop?...d'humeur fleur bleue ce soir...), il saura se montrer digne de toutes les espérances placées en lui !

Je peux aller m'endormir sereinement à présent ! Bien que brève, bonne nuit à moi-même.

Voix

J'ai pas trop envie de faire un suivi quasi-scientifique de ma transition, genre "tel jour, un poil est apparu" , genre à me mesurer le tour de taille, de poitrine et le dicklit... Je préfère aborder cela de manière plus naturelle, bien que chaque constation d'une évolution, d'une nouveauté m'émerveille plus que si je faisais une "simple" puberté.
Donc quand je parle de ma transformation, c'est toujours en ressenti et d'après les remarques que l'on me fait. Néanmoins, pour ma voix, je voulais être plus concret, d'abord parce que c'est un changement dont je ne me rends pas bien compte, m'entendant tous les jours... D'ailleurs, je n'avais pas eu vraiment l'impression d'avoir mué entre août et septembre; je n'ai réalisé la différence qu'en entendant ces enregistrements.
J'ai fait le 1er lorsque l'on m'a fait la remarque, au téléphone: "Je ne reconnais pas ta voix", et j'ai été très surpris de reconnaitre que ma mue avait déjà bel et bien commencée ! En conséquence, je n'ai pas d'échantillons de ma voix d'origine. Je vais faire une nouvelle prise chaque mois, jusqu'à ce qu'elle se stabilise.

Et au passage, merci (bis et repetita) à Lazz qui héberge ces fichiers audios.

1.9.06

Présentations

1er jour de travail dans mon nouveau resto en tant qu'Eric... Ou presque ! Parce qu'il a fallu remettre les pendules à l'heure avant.

Une serveuse: "Bonjour ! Tu me rappelles ton nom déjà?" "Eric." "Ah!".
Le second du chef: "Salut... Caroline c'est ça?" "Non, c'est Eric..." "Euh... C'était pas Caroline avant??!" "Si, mais maintenant ça a changé." "Ah. Bon. D'accord. Bien..." . Et quelques minutes plus tard (le temps de la réflexion): "Et pour ton école, ca se passe comment?" "Pareil, on m'appelle Eric." "Mais je veux dire, pour tes camarades...?" "Je serais présenté en tant que garçon." "Ah c'est bien. C'est plus simple pour toi.".
Aurélie, une autre apprentie (nous sommes 4 ou 5), que j'ai déjà vu à mes journées d'essai et que j'ai mise au courant à cette occasion, constate: "Apparament, le chef a oublié de faire tourner l'info !"... Apparament il a même oublié l'info, puisqu'il a demandé à mon bînome de venir me chercher en me nommant "Caroline" ! Je ne pense pas que ce soit de la mauvaise volonté, c'est juste un homme qui a l'air totalement dans son monde. J'espère juste qu'il va noter que mon CV est au nom d'Eric (j'ai glissé dans les informations administratives: né(e) Caroline C. suivi de date et lieu de naissance)...
À une apprentie serveuse que je ne connaissais pas encore, je me suis présenté tout simplement.
Puis vers 15h est arrivé un autre apprenti que j'avais déjà vu, et qui me fait la bise... Lorsque je le recroise dans les vestaires, je lui précise ma nouvelle situation, ce à quoi il me répond qu'il était déjà au courant mais ignorait quand est-ce que cela allait être effectif: "Ben dès maintenant ! C'est le chef qui te l'a dit?" "Non, c'est à F. [notre école] qu'ils m'ont expliqué." Décidément, je kiff mon école ! Sympas, prévenants...
"Je voulais savoir, mais si ca te gène... Enfin, pourquoi Eric?"
"Tu veux dire, le prénom ou...?" "Non, pourquoi passer de Caroline à Eric?" "Euh... C'est pas que ca me gène, c'est difficile à expliquer ! ... Disons que je me sentais mal en Caroline, et que ça va mieux en Eric." "Ah, d'accord. Nan c'était pour savoir si c'était une maladie ou quoi... C'est un choix en fait." "Euh... Ouais... On peut voir ça comme ça. Mais c'est considéré comme une maladie, d'ailleurs c'est remboursé par la Sécu..." Bref, difficile de m'expliquer, surtout entre deux travaux à faire pour lui et mon changement de tenue pour moi. S'en est suivie une courte discussion avec Aurélie sur le traitement et les opérations en sortant du resto.

La journée n'est pas finie; je suis en coupure aujourd'hui, c'est-à-dire que j'y retourne ce soir. Mais je dresse déjà un bilan est plutôt positif ! Je ne vous ai raconté que ce qui a rapport avec ma nouvelle identité, mais en ce qui concerne le travail en lui-même, disons que je ne regrette pas que les vacances soient terminées :) Sauf que je suis crevé ! Il me reste une petite heure pour faire ma sieste...